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Corruption et délestages électriques : Les Sud-africains constatent les dégâts


  17 Mars      57        Economie (21817), Politique (26050),

 

Johannesburg, 16/03/2023 -(MAP)- Les déclarations de l’ancien PDG de la compagnie publique d’électricité «Eskom», André De Ruyter, sur l’implication du Congrès National Africain (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud, dans un vaste réseau de corruption qui a mis à genou la compagnie et entrainé des délestages électriques récurrents ont entrainé un tollé de réactions de la classe politique.

Dans une interview, De Ruyter, qui a été contraint à la démission il y a quelques semaines, a révélé que les centrales électriques d’Eskom, fleuron de l’économie nationale, sont saignées à sec et délibérément sabotées par un réseau corrompu de cartels connectés à l’ANC. Certaines allégations font même état de l’implication de hauts responsables faisant partie du gouvernement.

Les allégations suggèrent que le parti au pouvoir paralyse systématiquement le système électrique de l’Afrique du Sud pour enrichir un petit groupe d’élite de personnes connectées à l’ANC aux dépens du reste de la nation, ce qui peut être considéré, si c’est vrai, comme «une trahison impardonnable du pays».

Mis au pied du mur suite à ces nouvelles accusations de corruption, le parti au pouvoir a, comme d’habitude, tenté de nier son implication dans la corruption à Eskom, une compagnie en détresse qui croule sous une dette de plus de 23 milliards de dollars. Fidèle à lui-même, l’ANC a déjà tenté de détourner le blâme en jouant la carte tacite de la race, qualifiant M. De Ruyter de « droitier ». Or, de l’avis des analystes et de l’opposition, la corruption n’a rien à voir avec la race, mais plutôt avec l’auto-enrichissement maladif d’un parti qui s’accroche coûte que coûte au pouvoir.

C’est dans ce sillage qu’interviennent les déclarations de Cyril Ramaphosa, chef de l’Etat et président de l’ANC, qui a affirmé que les municipalités locales sont responsables de la fourniture d’électricité et que lui et son gouvernement ne peuvent donc pas être blâmés pour les délestages électriques récurrents qui plongent l’Afrique du Sud dans le noir.

Des déclarations qui continuent de provoquer une vive controverse au sein de la société et une indignation des citoyens lambda et du patronat qui, du reste, reprochent à l’ANC, parti au pouvoir depuis trois décennies déjà, sa fuite en avant et sa lourde responsabilité dans la crise de l’électricité dans le pays, qui d’ailleurs vient d’être décrétée état de catastrophe nationale.

C’est profondément choquant, car M. Ramaphosa et son parti savent très bien que le gouvernement national détient un monopole légal sur la fourniture et la transmission d’électricité en gros par le biais de son contrôle d’Eskom et de l’organisme national régulateur de l’énergie (NERSA), alors que les gouvernements locaux ne sont responsables que de la distribution locale de l’électricité.

De surcroit, le président Ramaphosa sait que son parti s’est accroché jalousement pendant des décennies aux pouvoirs monopolistiques de ses gouvernements pour acheter et vendre de l’électricité en vrac.

D’aucuns soutiennent, d’ailleurs, que si le parti au pouvoir est effectivement innocent, comme il le prétend, il devrait soutenir fermement la demande des partis de l’opposition d’une Commission parlementaire ad hoc, à la fois pour blanchir son nom et identifier les véritables auteurs de la corruption au sein de la compagnie publique d’électricité. Des partis de l’opposition, dont l’Action Démocratique (DA), ont exigé la création urgente d’une Commission parlementaire pour enquêter sur ces graves allégations de l’implication de certains ministres de l’ANC dans la corruption systémique au sein d’Eskom.

En effet, la Constitution précise que le Parlement est la principale institution chargée de demander des comptes au Gouvernement et elle donne au Parlement d’énormes pouvoirs pour assumer ce rôle crucial. Par conséquent, plusieurs voix s’élèvent demandant au Parlement de prendre l’initiative et d’ouvrir une enquête approfondie sur toute l’étendue de la capture criminelle d’Eskom par l’ANC.

Une Commission parlementaire ad hoc aura ainsi le pouvoir d’assigner à comparaître toute personne qu’elle jugera nécessaire de se soumettre pour interrogatoire, y compris M. De Ruyter lui-même. Le Comité aura le pouvoir de fournir des recommandations pour de nouvelles actions sur la base des témoignages et des preuves recueillis.

Ainsi, avant les élections présidentielles, nationales et provinciales décisives de 2024, les électeurs sud-africains sont en droit de connaître toute la vérité sans fard sur qui détruit le service public de l’électricité et qui plonge le pays dans le noir.

Hamid AQERROUT

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