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Côte d’Ivoire-AIP/ COVID-19 : Un cabinet d’intelligence économique s’inquiète de l’impact de la pandémie sur la filière cacao


  31 Mars      113        Agriculture (2223),

   

 

Abidjan, 31 mars (AIP) – Le cabinet d’intelligence économique et de conseil, Oxford Business Group, estime que les défis auxquels le secteur agricole ivoirien est confronté correspondent aux défis auxquels l’économie mondiale doit faire face en raison de la pandémie du coronavirus (COVID-19).

Sur le court terme, la perturbation des chaînes d’approvisionnement pourrait avoir des conséquences sur les capacités du secteur agricole à satisfaire la demande.

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a enjoint les pays à réduire les coûts des activités commerciales en rationalisant et en éliminant les goulets d’étranglement, en particulier en mettant à profit des solutions numériques, explique la cabinet d’intelligence économique.

Sur le plus long terme, les chaînes d’approvisionnement mondiales pourraient être amenées à opérer de manière plus efficace, ce qui pourrait permettre au secteur de réaliser des économies dans les années à venir.

L’agriculture est un secteur-clé en Côte d’Ivoire. Principalement constitué de petits exploitants agricoles, le secteur représentait près de la moitié des emplois en 2018. En outre, sa contribution au PIB s’élevait à environ 23% et il était à l’origine de près de 40% de l’ensemble des exportations.

Cependant, si le segment agricole ivoirien repose en grande partie sur des cultures d’exportation, ces dernières ne sont généralement pas des produits hautement périssables : le premier produit d’exportation ivoirien en volume est le cacao, le pays étant le premier producteur mondial de cacao, assurant environ 40% de la production mondiale de la matière première.

Certains fabricants internationaux de chocolat anticipent déjà des ventes inférieures à la normale à Pâques. Toute baisse de la demande pourrait mettre du temps à être surmontée, même après la levée des restrictions de déplacements actuellement en vigueur.

Toutefois, selon la banque d’investissement Crédit Suisse, la pandémie ne constituera pas nécessairement un frein important à la demande : en effet, la banque a indiqué que le chocolatier américain Hershey pourrait voir ses ventes évoluer à la hausse. Un développement qui serait favorable aux exploitants chez qui ils s’approvisionnent en fèves, tout comme d’autres grandes entreprises du secteur.

La banque a relevé son opinion du fabricant de chocolat pour qui la Côte d’Ivoire et le Ghana sont les premiers fournisseurs de fèves de cacao- de « neutre » à « surperformance » le 18 mars, arguant du fait que la consommation de chocolat pouvait augmenter en temps de crise. Les ventes de produits bio de Hershey avaient par exemple enregistré une hausse de 4,7% par an au cours des deux années qui ont suivi la crise financière de 2008, selon la banque.

Développer les activités de transformation du cacao sur le sol ivoirien, ce qui permettrait d’accroître la valeur ajoutée du produit à la fois pour l’économie locale et pour les agriculteurs, constituait déjà une priorité pour les pouvoirs publics.

Selon la Banque Mondiale, la production de cacao transformé en Côte d’Ivoire était d’environ 530 000 tonnes en 2018, plaçant le pays au 2ème rang mondial en matière de transformation première de la fève, devancé uniquement par les Pays-Bas.

Les choses devraient encore s’accélérer dans le pays suite aux mesures prises par les fabricants internationaux de chocolat- notamment le groupe suisse Barry Callebaut et la société américaine Cargill, qui disposent tous deux d’usines de broyage à Abidjan- afin d’accroître leurs capacités de transformation locale et de tirer profit de diverses mesures incitatives financières introduites au mois de janvier. Les résultats publiés pour le mois de février ont montré une hausse d’environ 4% par rapport à la même période l’année dernière, avec une production passant de 226 000 tonnes à 235 000 tonnes.

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