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’’FIFIRE EN PAYS CUBALLO’’, MEILLEUR LONG MÉTRAGE DOCUMENTAIRE AU FESTIVAL « VUES D’AFRIQUE », AU QUÉBEC


  15 Avril      56        Cinéma (185),

   

Dakar, 15 avr (APS) – Le film documentaire « Fifiré en pays cuballo » de
la jeune réalisatrice sénégalaise Mame Woury Thioubou a remporté le
prix du meilleur long métrage documentaire lors de la 35e édition du
Festival international de Cinéma « Vues D’Afrique », au Québec, a appris
l’APS, lundi.

Dans un communiqué transmis à l’APS, le directeur de la
cinématographie rappelle que ce film a été réalisé grâce à la société
de production sénégalaise « Les Films de l’Atelier » de Mamadou Sellou
Diallo et de celle du producteur français « Les films de la Caravane ».

Il a également bénéficié du soutien du Fonds de promotion de
l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA) de l’Etat du
Sénégal et du « Hot Docs – Blue Ice Film Documentary Fund » (Canada).

Le film-documentaire « Fifiré en pays Cuballo » de la journaliste et
réalisatrice Mame Woury Thioubou met en exergue l’histoire des
pêcheurs à Matam, dans le nord du Sénégal.

« Le fifiré est une cérémonie que les anciens organisaient
périodiquement. Quand les pêcheurs finissaient de pêcher et les autres
de récolter, on faisait appel aux meilleurs pêcheurs et chasseurs de
la contrée pour tuer les crocodiles du fleuve’’, expliquait la
journaliste dans les colonnes du journal Le Quotidien.

Elle ajoutait : « Les villageois des environs y participaient. La
veille, on organisait une veillée où les pêcheurs rivalisaient de
talents, chacun jurant de tuer le plus grand crocodile’’.

Dans le synopsis du film, Mame Woury Thioubou, qui a fait une
immersion au quartier des pêcheurs à Matam, déclare : « J’appartiens à
un peuple de pêcheurs traditionnels de la vallée du fleuve Sénégal.
Depuis toujours, les miens ont chassé les crocodiles et les
hippopotames du fleuve en usant de formules mystiques ».

Mais, « aujourd’hui, regrette-t-elle, avec les changements qui
affectent le fleuve, les crocodiles ont disparu ; les miens ne sont
que des pêcheurs et il n’y a plus beaucoup de poissons ».

« Sur les ruines de ces croyances mystiques et des exploits guerriers
de nos ancêtres, portés encore par le chant du +Pékaan+, la vie des
habitants de mon quartier s’enlise dans la pauvreté », ajoute-t-elle.

Malgré tout, « un espoir subsiste, porté par le geste épique des femmes
qui pourraient réensemencer le fleuve ».

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