AIP La ministre Françoise Remarck s’engage à améliorer les conditions de travail de son personnel AIP Françoise Remarck promet de soutenir les initiatives culturelles pour dynamiser le secteur des arts MAP Niger: une personne tuée et cinq enlevées « par des bandits » près de la Libye (ministère de l’Intérieur) MAP Togo: levée de la suspension des accréditations pour la presse étrangère MAP Liberia : le FAD approuve un financement de 10 millions de dollars pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle MAP La CEDEAO lance officiellement ses programmes de promotion du genre et de l’égalité en Côte d’Ivoire AIP Digitalisation : La CIE primée au B2B digital 2024 pour ses avancées en intelligence artificielle AIP Adama Bictogo reçoit la nouvelle présidente du parlement de la CEDEAO MAP Rwanda: début de la campagne électorale pour la présidentielle et les législatives du 15 juillet MAP Cyclone Gamane: Madagascar a besoin de 124 millions de dollars pour la reconstruction

Heurts à Dakar entre partisans de Sonko et forces de l’ordre : « la situation est sous contrôle sur toute l’étendue du territoire » (ministère de l’Intérieur)


  30 Mai      46        Securité (3093),

 

Dakar, 30/05/2023 (MAP)- Le porte-parole du ministère sénégalais de l’Intérieur a regretté les incidents violents survenus lundi soir dans des quartiers de Dakar entre les forces de l’ordre et de jeunes partisans de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko, qui connaitra son sort jeudi dans son procès pour « viols » sur une femme, en assurant que « la situation est sous contrôle sur toute l’étendue du territoire ».

Dans une déclaration, lundi soir, à la chaine de télévision publique « RTS 1 », le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Maham Ka, dont les propos ont été relayés par des médias locaux, a annoncé que trois personnes ont été arrêtées en lien avec le sabotage des installations du projet Bus Rapid Transit (BRT) de Dakar, soulignant que la situation a été vite maitrisée et les arrestations vont se poursuivre.

Lundi soir, Dakar a été le théâtre de violences et échauffourées entre des partisans de Ousmane Sonko et les forces de l’ordre. De jeunes manifestants dénonçaient le blocus du domicile du leader de Pastef, Ousmane Sonko, depuis qu’il a été ramené dimanche par les forces de sécurité à son domicile située à la Cité Keur Gorgui à Dakar.

« Depuis 2021, des autorités du gouvernement sont ciblées et des adresses sont données sur les réseaux sociaux. Chose qu’on ne peut pas accepter dans un État de droit… l’Etat reste droit dans ses bottes et va garantir la sécurité des personnes et des biens… », a déclaré Maham Ka sur la RTS , relevant que des cocktails molotov ont été trouvés sur les personnes interpellées.

Le responsable sénégalais a assuré les populations et les invite à vaquer à leurs occupations. «La situation est sous contrôle sur toute l’étendue du territoire. Les Forces de Défense et de Sécurité veilleront sur les populations. Nous dénonçons le comportement de certaines personnes. Ces actes ne resteront pas impunis«, a insisté M. Ka.

Lors de ces actes de violences, les installations du Bus Rapid Transit (BRT) de Dakar n’ont pas été les seuls à subir la furie des jeunes manifestants. Des maisons de responsables du pouvoir l’ont été aussi. Des médias ont rapporté que des véhicules ont été incendiés près de la maison de l’ancien ministre des Sports et actuel chef de cabinet du président Macky Sall, Matar Bâ. Au quartier « Liberté 6 », deux bus de la compagnie de transports « Dakar Dem Dikk » ont été incendiés par les manifestants.

La presse locale indique qu’un impressionnant dispositif sécuritaire a été mis en place autour de son domicile.

Des leaders de l’opposition et la société civile venus s’enquérir de la situation de M. Sonko ont été dispersés par la police, ajutent des médias locaux.

Plusieurs journaux de ce mardi signalent qu’en raison de cette situation, des affrontements ont éclaté à la Cité Keur Gorgui avant de se propager dans d’autres quartiers de Dakar. « Blocus chez Sonko, feu à Dakar », titre « Rewmi quotidien ». « Entre échauffourées et escarmouches opposant Forces de l’ordre et partisans de l’opposition, Dakar a vécu au rythme de la tension, particulièrement à Cité Keur Gorgui et alentours », rapporte « Sud Quotidien ».

Face à cette situation, et pour des raisons de sécurité, le gouverneur de la région de Dakar, Al Hassan Sall, a pris un arrêté pour interdire la circulation des motos, scooters et autres motocyclettes à partir de ce lundi 29 mai à 17h00 jusqu’au mardi 30 mai à 17h00.

Ousmane Sonko est sorti de son silence, dans la nuit de lundi à mardi, pour dire être « séquestré » par les forces de sécurité et appeler ses partisans à se lever « comme un seul homme ». « J’appelle tous les Sénégalais à sortir massivement », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Il a affirmé avoir « lui même suspendu » la « caravane de la liberté » qu’il avait lancée vendredi à Ziguinchor (sud) vers la capitale Dakar.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur souligne par contre qu’il ne s’agit pas d’un blocus, mais plutôt de rétablissement et du maintien de l’ordre public.

 » On ne peut pas parler de blocus pour le moment. Je pense que les forces de défense et de sécurité, comme le ministre de l’intérieur l’a dit hier, assurent la sécurité des citoyens à chaque fois que de besoin…C’est une question d’ordre public et de sécurité nationale » , a fait savoir Maham Ka à la RTS.

Sonko, arrivé troisième de la présidentielle de 2019, et candidat déclaré à la présidentielle de 2024 mais menacé d’inéligibilité par deux affaires judiciaires est accusé de viols dans l’une d’elles, dans laquelle le tribunal de Dakar doit rendre son verdict jeudi. L’opposant est poursuivi depuis 2021 pour « viols présumés » et menaces de mort », sur une ancienne employée d’un salon de beauté à Dakar.

Il a refusé de comparaître devant le tribunal invoquant un « complot » du pouvoir pour l’écarter de la présidentielle.

Le gouvernement sénégalais dément quant à lui toute instrumentalisation de la justice et affirme qu’il s’agit d’une « affaire privée ».

En mars 2021, l’interpellation de Ousmane Sonko lors de son déplacement en cortège jusqu’au tribunal où il était convoqué, alors que l’affaire de viols présumés venait d’éclater, a contribué à déclencher plusieurs jours d’émeutes au Sénégal qui ont fait au moins une douzaine de morts.

Sonko risque de perdre son éligibilité, déjà compromise par une condamnation récemment à six mois de prison avec sursis en appel pour « diffamation » et « injures publiques » contre le ministre du tourisme et des loisirs.

Dans la même catégorie