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« Il faut accélérer le dépistage de l’hémophilie afin de réduire la mortalité et la morbidité liées à cette pathologie encore méconnue » (spécialiste de l’hématologie)


  21 Février      23        Santé (15366),

 

Abidjan, 21 fév 2024 (AIP)-  Dans une interview accordée à l’AIP, le chef du service hématologie du CHU de Yopougon, Professeur Koffi Gustave, a évoqué avec force détails, les réalités de l’hémophilie en Côte d’Ivoire, en marge d’un atelier qui se tient les 20 et 21 février 2024 à Abidjan.

Cet atelier qui traite de la mise en œuvre du projet pilote de sensibilisation, d’identification et du diagnostic de l’hémophilie et des personnes atteintes de troubles de la coagulation, est organisé par la Fédération mondiale de l’hémophilie (FMH).

AIP : Qu’est-ce que l’hémophilie ?

L’hémophilie est une maladie héréditaire rare de troubles de la coagulation du sang. Le patient saigne de façon abondante et spontanée. Cela peut entrainer la mort dans les heures qui suivent, si rien n’est fait. Pour la petite histoire, nous pouvons dire qu’il y a eu un regain d’intérêt de cette maladie à l’époque de la découverte du VIH/sida, lors du scandale du « sang contaminé » en France. En effet, au milieu des années 80, il y a eu 2.000 hémophiles qui ont eu le virus du sida (VIH) et celui de l’hépatite C, suite à des transfusions de sang contaminé. Ces produits auraient été volontairement distribués. Il y a eu beaucoup de décès surtout chez les tout petits. Cette situation a braqué les regards du monde entier sur cette pathologie.

AIP : Qu’attendez vous au sortir de cet atelier ?

La FMH est actuellement en Côte d’Ivoire pour un projet pilote pour implémenter des piliers de la prise en charge de la maladie, notamment le dépistage et le renforcement des capacités des personnels de santé, des hémophiles et des parents des hémophiles. Ce projet pilote, d’un an, concerne pour l’instant la région du Gbèke (CHU de Bouaké) et d’Abidjan (CHU de Yopougon). Notons qu’il y a eu beaucoup d’avancées avec le jumelage de notre service d’hématologie clinique avec la Belgique en 2013. Ce qui a permis de mettre à la disposition de nos patients des médicaments gratuits pour la prise en charge qui reposait essentiellement sur la transfusion sanguine. Grace à cette convention avec le FMH, nous réussissons à avoir gratuitement des « facteurs 8 », c’est-à-dire, des injections que le patient se fait lui-même pour arrêter de façon significative l’hémorragie.

AIP : Quels sont les chiffres actuels en Côte d’Ivoire?

Aujourd’hui, il est question de dépister le plus grand nombre d’enfants car la prévalence actuelle de 210 cas, soit 9%, est sous-estimée, alors que dans certaines régions du pays, le taux de prévalence va à 17 voire 20%. La réalité est estimée de 2500 à 2700 cas. Nous voulons aller dans tous les hameaux pour pouvoir dépister de nouveaux cas d’hémophilie afin qu’ils soient pris en charge de façon efficace.

Actuellement, seulement 6% des patients diagnostiqués sont pris en charge, d’où la nécessité de ce projet pilote avant de passer à échelle. Le constat est que le dépistage de l’hémophilie sous nos tropiques se fait lors de la circoncision du petit garçon, qui saigne de façon abondante et répétée.

Ce qui amène les parents à faire le dépistage, qui découvre ainsi la pathologie de leur enfant. Signalons que c’est une maladie qui touche plus le sexe masculin. Il faut pouvoir dépister rapidement ces enfants par un test rapide pour avoir les chiffres réels dans notre pays. Aussi, le taux du diagnostic est encore plus faible chez les femmes, car leurs symptômes peuvent être largement attribués uniquement à leur statut de « conductrices », c’est-à-dire, de porteuses saines.

AIP : Les prochaines étapes ?

D’abord, nous voulons faire un plaidoyer auprès de nos autorités qui doivent jeter un regard particulier sur cette notion d’hémophilie même si notre tutelle, le Ministère de la santé, de l’hygiène publique et de la couverture maladie universelle (MSHPCMU), par le biais du Programme national de lutte contre les maladies Métaboliques et de Prévention des Maladies Non Transmissibles (PNLMM/PMNT) agit dans ce sens.

Ensuite, il faut surtout renforcer/former tous les personnels de santé (médecins généralistes, pédiatres, sages femmes, médecins des zones de soins de santé primaire), les patients et parents des patients de toutes les régions de la Côte d’Ivoire.

Aussi, il faut accélérer le taux d’identification et le dépistage des personnes atteintes de troubles de la coagulation à travers des symptômes simples, notamment les signes cliniques qu’on leur enseignera, pour un traitement adéquat. Enfin, ces personne seront formées à la prise en charge de la maladie (comment arrêter l’hémorragie, comment faire l’auto-injection.) afin d’en réduire la mortalité et la morbidité et la mortalité liées à l’hémophilie.

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