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La participation électorale, un autre enjeu pour les élections sud-africaines


  27 Mai      7        Politique (25797),

 

Johannesburg, 27/05/2024 -(MAP)- A la veille des élections générales décisives du 29 mai courant en Afrique du Sud, la participation électorale, surtout celle des jeunes, demeure la principale inconnue qui risque de fausser tous les pronostics. L’apathie des électeurs parmi les jeunes est une source d’inquiétude.

Alors que les dirigeants des partis politiques en lice ont intensifié ces derniers jours leurs efforts pour arracher des voix, les experts estiment qu’aucune campagne électorale ne fonctionnerait, car les électeurs sont restés impassibles et semblent avoir déjà décidé pour qui voter.

Dirk Kotzé, professeur de sciences politiques à l’Université d’Afrique du Sud, a déclaré à ce propos que la campagne électorale est si tardive qu’il est très peu probable qu’un parti parvienne réellement à convaincre l’électorat de voter d’une certaine manière. «Faire campagne maintenant ne peut servir qu’à affirmer ce que les gens ont déjà décidé et ne changera pas leurs choix», estime-t-il.

Abondant dans le même sens, l’analyste politique indépendant Sandile Swana a déclaré que les votes ne sont pas déterminés par des expériences à court terme, un enthousiasme qui pourrait être généré lors d’un rassemblement de masse, mais par les expériences quotidiennes des gens.

Depuis la conférence nationale de l’ANC en 2007 et le crash financier mondial de 2007-2008, l’Afrique du Sud n’a jamais connu de reprise économique, note-t-il, ajoutant que les performances sous le régime de l’ANC ont été médiocres et qu’il y a eu des scandales impliquant de hauts responsables publics sans conséquences.

«Vous ne pouvez pas inverser une tendance à long terme, basée sur les expériences quotidiennes des gens», a déclaré l’expert.

Idem pour l’analyste Leysley Ann Van Selm qui a indiqué que le désintéressement des jeunes est le résultat normal des nombreuses promesses non tenues du gouvernement. «Nous avons perdu l’élan nécessaire pour encourager les jeunes à voter, en raison des dégâts causés et des promesses non tenues par le gouvernement de l’ANC durant trois décennies», déplore-t-il, relevant que «la désillusion est tellement grande».

Les analystes soutiennent ainsi que les électeurs ne pouvaient plus se laisser influencer par des rassemblements de masse ou des visites en porte-à-porte, car ils ont déjà pris leur décision sur l’orientation politique de leur pays.

La majorité des 6,81 millions d’inscrits pour ces élections sont âgés de 30 à 39 ans, ce qui représente près de 25 pour cent du total, selon les statistiques de la Commission électorale.

Les chiffres de la participation électorale diminuent régulièrement depuis les premières élections démocratiques en 1994, lorsque le taux de participation était de 84%. Lors du dernier scrutin, en 2019, seulement 49% des personnes en âge de voter l’ont fait. Les jeunes, en particulier, se sont abstenus en masse.

Une étude du Conseil de recherche en sciences humaines (HSRC) révèle que la jeunesse sud-africaine n’est pas apathique mais reste plutôt à l’écart des urnes, en raison d’un profond mécontentement à l’égard de mauvaises performances démocratiques, du manque de leadership et d’une vision tout aussi dure des principales institutions politiques gangrenées par la corruption.

L’étude a révélé que seulement deux pour cent des jeunes interrogés étaient satisfaits de la démocratie et trois pour cent des dirigeants politiques, tandis que moins de 5% exprimaient leur confiance dans le gouvernement national.

Trois décennies après la fin du régime ségrégationniste de l’apartheid, l’Afrique du Sud s’engouffre toujours dans une situation socio-économique difficile, des inégalités croissantes, un taux de chômage record (33%), une criminalité rampante et des délestages électriques récurrents.

Dans ce contexte de crise, les élections de 2024 mettent tout le monde à l’épreuve comme jamais auparavant.

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