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LAURENCE GAVRON SUR UN PROJET DE FILM CONSACRÉ À ALIOUNE DIOP, FONDATEUR DE PRÉSENCE AFRICAINE


  16 Mai      35        Arts & Cultures (2355), Cinéma (291),

   

Saint-Louis, 16 mai (APS) – La cinéaste franco-sénégalaise Laurence Gavron, invitée d’honneur de la 13e édition du Festival international du film documentaire de Saint-Louis (10-14 mai), a annoncé avoir en projet de réaliser un film documentaire consacré à Alioune Diop, fondateur, en 1947, de la revue Présence africaine.

« Je trouve qu’il (Alioune Diop) n’a pas eu sa place au panthéon des grandes figures. Il n’est pas assez connu et reconnu », sinon de la part des « spécialistes » et des « grands intellectuels », a souligné la réalisatrice, lors d’une causerie organisée dans le cadre du film documentaire de Saint-Louis, qui a pris fin ce week-end.

Elle juge cette situation paradoxale, si l’on sait que le fondateur de « Présence Africaine » peut être crédité d’une vision du monde noir « très nouvelle et très moderne » à cette époque.

Alioune Diop a joué un rôle de premier plan dans l’émancipation des cultures africaines, à travers cette revue éditée à Paris.

Ses talents d’animateur culturel, d’organisateur et de fédérateur lui ont permis d’organiser en 1956, à la Sorbonne, le Congrès des écrivains et artistes noirs qui réunira les intellectuels noirs de nombreux pays, soutenus par des écrivains et artistes du monde entier, et militant pour l’émancipation des cultures africaines et en faveur de la décolonisation.

A travers le documentaire qu’il compte lui consacrer, Laurence Gavron ambitionne de « remettre Alioune Diop dans le panthéon des grandes figures africaines et universelles ».

Un projet né « depuis très longtemps », lorsqu’elle a commencé à fréquenter sa « maman sénégalaise », la journaliste Annette Mbaye d’Erneville, qui lui racontait cette période particulière des rapports entre le continent africain et la France en particulier.

« C’est un projet qui date depuis des années. Moi, j’admire beaucoup Alioune Diop, et cela a toujours été dans ma tête de faire quelque chose sur lui. En un moment, j’ai voulu faire un film de fiction pour recréer l’atmosphère des années 50 à Paris, mais c’est tellement cher », dit-elle.

Laurence Gavron se résout alors de se limiter à ce documentaire dont la réalisation a, dit-elle, déjà débuté, suite à une résidence qu’elle a effectuée à Saint-Louis en mars pour ce projet grâce à l’Institut français.

Elle souligne être à l’étape de l’écriture du film, ce qui lui permettrait d’aller chercher un producteur et des financements. « Je suis tout au début du projet », lance Laurence Gavron.

’’Je compte parler de Alioune Diop et de son histoire, mais je veux aussi parler à travers lui du Paris des années 1940 et 1950, avec cette intelligentsia noire africaine, américaine et caribéenne », précise-t-elle.

« C’est une période historique très importante que les gens ne connaissent pas bien, ni ici, ni en France. Il y avait tous les futurs présidents, tous les grands écrivains et artistes. Il y avait une effervescence très créative et importante », ajoute la réalisatrice du film « Yandé Codou Sène, diva sérère » (2007).

La réalisatrice va s’appuyer sur les archives mais surtout sur la famille de Alioune Diop, notamment ses enfants Marie-Aïda Diop Wane et sa femme Christiane Diop, qui note-t-elle, garde toujours son héritage.

Dans la majeure partie de ses documentaires, très souvent « historiques et patrimoniaux », Laurence Gavron peint le Sénégal à travers par exemple des portraits de griots, gardiens de la mémoire collective dans les sociétés traditionnelles africaines.

Elle explore également l’histoire des communautés vietnamiennes et capverdiennes installées au Sénégal et qui contribuent à la richesse sociologique du pays.

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