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Un gouvernement national de coalition en Afrique du Sud ?


  27 Mai      7        Politique (25797),

 

Johannesburg, 27/05/2024-(MAP)- A la veille des élections générales du 29 mai courant en Afrique du Sud, le débat fait rage sur l’éventuelle formation de gouvernements de coalition au niveau national, ainsi que dans certaines provinces, après une domination du Congrès National Africain (ANC) pendant trois décennies.

Alors que le soutien électoral à l’ANC, parti au pouvoir depuis la fin du régime ségrégationniste de l’apartheid en 1994, devrait chuter considérablement lors de ce scrutin, le pays de Nelson Mandela pourrait connaître une reconfiguration politique après 2024. Cela marquerait un changement radical par rapport à la situation actuelle dans laquelle les gouvernements de coalition n’ont été formés qu’au niveau local.

Au regard des nombreux problèmes dont s’engouffre aujourd’hui le pays et des échecs retentissants du parti au pouvoir durant 30 ans de règne, de nombreux Sud-africains souhaitent un changement de gouvernement. Les partis politiques conviennent, eux aussi, que l’ANC devrait disparaître, mais ils ne semblent pas s’entendre sur qui dirigera le navire ensuite.

Mais, un pacte multipartite résoudra-t-il les problèmes politiques et économiques de l’Afrique du Sud ? Et quels autres scénarios politiques sont possibles après 2024 ? Ce sont là autant de questions qui taraudent l’esprit aussi bien des observateurs que des citoyens lambda.

-. L’ANC, un parti en chute libre

De prime à bord, de nombreux analystes et plusieurs récents sondages d’opinion faisant autorité prédisent que l’ ANC risque d’obtenir moins de 50 % des suffrages aux niveaux national et provincial, et ce pour la première fois de son histoire. Si cela se produit, le parti au pouvoir devra alors former une coalition pour pouvoir encore gouverner.

L’ANC a perdu du soutien lors des récentes élections nationales et locales. Le parti a remporté les élections de 2019 avec une majorité réduite de 57,50 %, contre 62,15 % obtenus lors des élections de 2014.

Les luttes intestines entre factions au sein de l’ANC ont également conduit à la formation de partis dissidents, le dernier en date étant le parti uMkhonto weSizwe (MK) de l’ancien président Jacob Zuma. Cela pourrait encore faire perdre à l’ANC des voix lors de ces élections.

Même si les analystes politiques et les récents sondages d’opinion restent fortement divisés sur les résultats probables de ce scrutin, les modèles de soutien actuels suggèrent un changement de gouvernance en faveur des coalitions aux niveaux national et provincial, ce qui a, jusqu’à présent, apporté beaucoup d’imprévisibilité et d’instabilité aux gouvernements locaux et à la politique métropolitaine.

-. Vers des coalitions contre-nature

Dans un entretien à la MAP, l’analyste politique Sandile Swana a prédit qu’un gouvernement de coalition dirigerait le pays, estimant que l’ANC perdrait les provinces de KwaZulu-Natal et du Gauteng qui comprend la capitale Pretoria et Johannesburg. «Que l’opposition soit fragmentée ou non, l’ANC tombe déjà en dessous de 50 % et nous nous dirigeons vers un gouvernement de coalition», a-t-il déclaré.

Il soutient ainsi que les élections de 2024 vont voir une reconfiguration de la politique sud-africaine, comme on le voit dans la métropole économique de Johannesburg, où un maire émerge d’un petit parti.

Bien qu’il y ait beaucoup plus de partis sur les bulletins de vote que jamais auparavant, il devient de plus en plus clair pour tout le monde qu’il s’agit d’une course à deux ou trois chevaux. Même sans majorité absolue, il n’y a qu’un seul parti sur quatre qui peut émerger au centre d’un gouvernement de coalition. Et c’est soit l’ANC, soit l’Alliance démocratique (DA-opposition), soit les Combattants pour la liberté économique (EFF-opposition) soit encore le parti uMkhonto weSizwe (MK) récemment crée par Jacob Zuma.

Une option dont on parle avec une intensité croissante est une coalition entre l’ANC et EFF. En effet, au regard de sa fragilité, l’ANC semble résigné à perdre sa majorité lors de ces élections générales et a, dans la précipitation, scellé sa future coopération avec les Combattants pour la liberté économique.

La possibilité d’une coalition ANC-EFF a suscité de nombreux débats. Mais, selon l’analyste Swana, une telle alliance s’avérerait difficile à mettre en place et à faire fonctionner. C’est pour deux raisons : l’idéologie et la politique. Ces deux éléments se sont avérés des déterminants clés du succès des coalitions ailleurs dans le monde, argue-t-il.

Et d’expliquer que la plupart des dirigeants de l’EFF sont d’anciens membres de la Ligue de la jeunesse de l’ANC qui ont été expulsés en 2013. Ils différaient pour des raisons idéologiques de la haute direction de l’ANC au sujet de l’expropriation et de la nationalisation des terres, des mines et des banques.

De surcroit, l’EFF se décrit comme un parti marxiste-léniniste. L’ANC, en revanche, se considère toujours comme un mouvement de libération dans une tradition social-démocrate.

Bien que l’Afrique du Sud n’ait jamais été dirigée par un gouvernement de coalition auparavant, de nombreuses municipalités métropolitaines ont eu un gouvernement de coalition ces dernières années, comme la ville de Johannesburg et Nelson Mandela Bay.

Le constat est que les coalitions politiques se sont effondrées dans plusieurs grandes villes sud-africaines, comme Johannesburg, et qu’au lieu d’apporter la stabilité nécessaire, en particulier dans la sphère de l’administration locale, elles se sont jusqu’ici détournés de leur objectif premier pour chercher des compromissions qui les maintiendraient au pouvoir.

Une amère réalité reconnue par le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, en déclarant lors du lancement du programme électoral de l’ANC que l’expérience frustrante des gouvernements de coalition dysfonctionnels a montré qu’ils ne travaillent pas pour le peuple mais pour les négociateurs politiques déterminés à promouvoir leurs propres intérêts personnels.

«Reproduire cette amère expérience de chaos, d’instabilité et de dysfonctionnement aux niveaux national et provincial serait un désastre que notre pays ne peut se permettre», a-t-il dit.

Un point de vue que partage l’analyste politique Mazwe Majola, qui soutient que si les élections générales de 2024 aboutissent à un gouvernement de coalition, « notre pays sera sans aucun doute confronté à un désastre inéluctable ».

Reste donc à savoir à quoi va ressembler l’avenir politique de l’Afrique du Sud après le 29 mai ? De toute façon, les élections nous le diront.

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