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« UNE FEMME ROC’’ DE MAME FAMEW CAMARA, CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES COUPLES ET PROBLÉMATIQUES CONTEMPORAINES


  13 Novembre      25        Arts & Cultures (1651), Livres (163),

   

Dakar, 12 nov (APS) – L’écrivaine sénégalaise Mame Famew Camara vient
de sortir son cinquième ouvrage – un roman intitulé « Une femme roc –
dont l’inspiration première part de considérations générales sur le
destin des couples au Sénégal à l’épreuve du temps et des caprices des
hommes, pour aboutir à une réflexion libre sur des sujets aux enjeux
contemporains tels que la problématique genre et la défense de
l’environnement sans compter des références subtiles à la question de
la gouvernance.

« Une femme roc » (L’Harmattan Sénégal) est le deuxième roman de Mame
Famew Camara après « Taulard malgré lui », publié en 2017.

Elle avait auparavant publié trois recueils de poésie, à savoir « Si
près, si loin » (2012), « Une flamme, une vie, une âme » (2014) mais
aussi « Princesse aux principes » (2016).

A la base, « Une femme roc » parle d’un couple dont le ménage allait
très bien au début jusqu’à ce que l’homme rencontre une autre femme et
change pour devenir une autre personne, explique Mame Famew Camara.

Une évolution inattendue dans la vie de ce couple qui conduit à la rupture.

« A travers ce roman, peut-on lire sur la quatrième de couverture de
l’ouvrage, l’auteure dénonce les violences muettes vécues par la gent
féminine dans leur ménage au Sénégal et la souffrance d’une femme
passionnée par l’amour de l’autre, mais aussi par le fait d’aimer
voire même d’adorer tout simplement ».

L’auteure dénonce par la même occasion l’indifférence dont les femmes
sont victimes de la part de leurs conjoints, le manque d’attention,
entre autres situations rendues sous le vocable de « violences
muettes ».

Ce livre se veut « une ode féministe car racontant sans tabou le
quotidien d’une femme moderne à la sénégalaise », car si Mame Famew
Camara reconnaît y projeter certaines de ses « valeurs », il n’est pas
pour autant une autobiographie.

L’héroïne, « une femme moderne, fragile et fort amoureuse de la
littérature mais surtout de son mari qui va malheureusement
l’abandonner pour une autre », laisse certes penser à l’auteure.

Comme cette dernière, elle a voyagé et fait des études à l’étranger, a
de même « un peu vécu avec sa grand-mère qui s’est un peu occupée
d’elle à un moment donné de sa vie quand elle était plus petite ».

S’y ajoute que Faly, l’héroïne, « est engagée, sensible à la bonne
marche de la société, défend les droits humains et est sensible à la
question de la défense de l’environnement », ainsi qu’à d’autres
problématiques comme les conditions inégales des échanges
internationaux, une situation qui fait que les pays africains par
exemple ne peuvent pas fixer les prix de leurs matières premières,
relève l’écrivaine.

Malgré toutes ces similitudes, « Une femme roc » ne peut être ramenée à
la vie de son auteure, qui semble se servir de ce roman pour marteler
ses convictions de femme et de citoyenne.

« J’aime qu’on agisse plus qu’on ne parle, dit-elle. Il y a des lois
qui sont bien faites, qui respectent les droits humains et contribuent
à la protection de l’environnement et à la défense de la nature, mais
on les met de côté ».

De même Mame Famew Camara s’élève-t-elle contre les « normes tacites »
qui gouvernent la société sénégalaise, qui font par exemple les
ménages, attendus pour être des lieux de bien-être, se transforment en
des endroits où « tout le temps des rapports de force » sont à l’œuvre.

L’écrivaine, parlant de son évolution de la poésie au roman, a dit
avoir naturellement commencé par ce dernier genre. « C’était facile
pour moi, c’était fluent comme on dit, j’écrivais des poèmes par-ci,
par-là », depuis un prix qu’elle a gagné en classe de 4e secondaire.

Mame Famew Camara, alors pensionnaire de l’Institut Notre-Dame, un
établissement secondaire privé dakarois, a remporté un concours de
poème sur la paix.

« J’ai gagné de la confiance (avec ce prix), ce qui fait que j’ai
continué à écrire des poèmes » jusqu’à la publication de son premier
recueil en 2012.

Il lui a été par la suite conseillé d’essayer le roman pour gagner
« plus de lecteurs », la poésie pouvant être un peu hermétique.

« J’aime bien le roman, parce que ça permet de traiter de beaucoup de
faits sociaux, ça permet de relater ce qui s’est passé et ce qui se
passe, de se projeter dans l’avenir », souligne-t-elle.

A contrario, la poésie permet plutôt de parler de soi et de ses
émotions, a poursuivi Mame Famew Camara, qui est en train de terminer
un roman sur l’infanticide, inspiré de l’histoire d’une de ses jeunes
voisines tombée enceinte sans être dans les liens du mariage.

Une jeune fille « brillante, qui avait tout pour réussir » mais qui
avait surtout « peur du regard des autres », une situation qui a l’a
amenée à jeter son nouveau-né à la poubelle, par peur du
qu’en-dira-t-on et pour éviter le jugement de la société.

« J’aime bien que les hommes soient beaucoup plus sensibles à l’endroit
de leurs familles, qu’ils les écoutent et communiquent avec elles,
qu’ils soient plus justes avec elles », assène l’auteure avant de
conclure : « S’ils ont le droit d’en épouser plusieurs », suivant en
cela les préceptes de l’islam, « ils ont le devoir de les traiter
toutes de la même façon ».

Mame Famew Camara a fait des études en culture et communication et en
administration publique au Sénégal et en France. L’écriture et la
peinture sont des activités qu’elle pratique avec passion.

Elle fut lauréate du Prix du jeune auteur au Sénégal en 2016 et celui
du Prix jeune auteur pour la renaissance africaine en 2018.

BK/ASB

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