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« POISSONS D’OR, POISSONS AFRICAINS » TROUVE UN PUBLIC CONQUIS À SAINT-LOUIS


  23 Décembre      21        Cinema (104),

   

Saint-Louis, 23 déc (APS) – Le film « Poissons d’or, poissons africains », consacré aux conséquences de l’implantation d’une usine de fabrication de farine de poisson à Kafountine, un site de débarquement situé en Basse-Casamance (sud), a nourri les débats sur le devenir de la pêche au Sénégal, lors de sa projection à Gandiol et Guet-Ndar, dans le cadre de la 10e édition du film documentaire de Saint-Louis.

Dans ces deux localités saint-louisiennes marquées par les difficultés de la pêche artisanale sénégalaise, la projection publique de ce film réalisé par Moussa Diop et Thomas Grand a suscité des débats nourris.

Le documentaire réalisé en 2018 a comme décor le site de débarquement de Kafountine, baptisé « Burkina » en raison du nombre important de ressortissants de ce pays et d’autres nationalités africaines (Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Mali) qui y opèrent dans des activités liées à la pêche.

« Poissons d’or, poissons africains » met ainsi en exergue la vie quotidienne des populations de cette zone méridionale du Sénégal qui ne vivent que de la pêche et de ses activités dérivées.

Dans ce film, les acteurs des différents métiers liés à la pêche – manutentionnaires, préposés au portage, au filage, au séchage, à la fumaison ou à l’exportation de produits halieutiques – s’inquiètent pour leur business avec l’implantation d’une usine de fabrication de farine de poissons.

Les deux réalisateurs, à travers ce film, parviennent à mettre en exergue le travail de ces jeunes hommes et femmes et les difficultés auxquels ils sont confrontés.

Mamadou Dia, interrogé après la projection du film, estime que ce documentaire parle aussi aux habitants de Gandiol et pousse de la même manière à la réflexion.

« C’est un film réalisé pour Gandiol, car tous les problèmes traités dans ce documentaire sont là, nous avons une usine de fabrication de farine de poisson et Gandiol est une zone qui envoie beaucoup de migrants à travers le monde’’, dit-il, en soulignant que plusieurs de ses cousins et membres de sa famille sont désormais établis à Kafountine par exemple, où ils s’adonnent à leurs activités liées à la pêche.

A son avis, le débat sur la problématique de la gouvernance des ressources naturelles mérite d’être posé et entretenu, pour l’amélioration des conditions de vie des populations.

« Gandiol est la zone où il y a du pétrole, les puits de Guembeul sont à Gandiol, d’où la nécessité de parler des ressources qui peuvent améliorer les conditions de vie des populations, mais malheureusement leur forme d’exploitation ruine leur vie, d’où la nécessité de conscientiser la population et de la préparer » à faire face à cette situation, fait-il valoir.

Cet ancien migrant revenu d’Espagne où il s’était expatrié il y a quelques années à cause des problèmes survenus dans le secteur de la pêche dans les années 1990, se dit favorable à « un cinéma au contenu utile ».

« Il nous faut des produits audiovisuels et un cinéma dont le contenu nous parle, éduque et aide à penser le futur que nous voulons », souligne Mamadou Dia.

Selon lui, cette perspective justifie la collaboration entre l’association « HaKatay » de Gandiol et « Africadok », promoteur du Festival du film documentaire de Saint-Louis, dans le cadre de la projection de ce film à Gandiol.

Professeur d’histoire géographie, M. Faye estime que le film colle à l’actualité, car il parle de la surexploitation des ressources halieutiques qui rend vulnérable les populations de la zone côtière du Sénégal.

« Dans le film on se soucie du devenir des habitants de la sous-région qui dépendent de ces ressources de la pêche, mais à l’avenir, les conséquences nous seront fatales (…)’’, affirme-t-il, en évoquant les conséquences de l’exploitation pétrogazière sur l’écosystème marin.

Les populations pourraient être amenées à manquer de poisson pour leur propre consommation, prévient-il.

Après Gandiol, cap sur Guet-Ndar où des habitants massés devant l’écran géant ont suivi le film « Aqua » de Samba Félix Ndiaye, en attendant l’arrivée du réalisateur Moussa Diop.

Là aussi, « Poissons d’or, poissons africains » a trouvé son public et conquis son monde, si l’on se fie aux réactions suscitées par presque chacune des scènes du film, dès les premières images.

Le chant des pêcheurs, leur mouvement en mer sont spontanément imités par le public et les messages portés par les protagonistes trouvent un écho favorable, comme dans une sorte de certification populaire.

« Le film m’a permis de savoir le travail abattu par mes frères et oncles, c’est des diambars, et désormais quel que soit le montant qu’ils m’offriront, je saurai que c’est très significatif », dit une jeune fille.

La dame Aïssatou Fall, qui a suivi tout le film, estime que le poisson doit revenir aux Africains et non aux usines.

« Nous gagnons notre vie dans l’exploitation de ce poisson, s’il est vendu aux étrangers, nous ne gagnons rien. Le film parle de notre quotidien », estime Mme Fall.

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