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« Cette justice que nous avons voulue indépendante par notre Loi fondamentale, animée par des Magistrats nommés en toute transparence, doit inspirer le respect de tous nos concitoyens … » (Président de la République)


  27 Septembre      6        Technologie (1029),

   

NIAMEY, 27 sept (ANP) – Le Président de la République Mohamed Bazoum a présidé, ce lundi 27 septembre au Palais de la Présidence, les assises du Conseil Supérieur de la Magistrature, Organe essentiel pour la carrière des magistrats et le bon fonctionnement du système judiciaire.

A l’entame de ce conseil, le Président de la République a d’abord rendu un hommage et salué le corps judiciaire dans son ensemble pour le rôle éminent qu’il joue pour la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie.

« La justice est au cœur du projet que j’ai proposé aux Nigériens parce que j’ai pleinement conscience que le respect du droit, de l’équité et de toutes les valeurs de la démocratie n’est possible que lorsqu’il y a une justice de qualité, efficace, équitable et accessible aux citoyens tout en étant la moteur de la promotion de la culture, de la transparence et du respect scrupuleux du bien public », a déclaré Mohamed Bazoum.

« J’ai aussi conscience que parmi les défis majeurs qui ont entrainé la réforme de notre système judiciaire, figure la lutte contre la corruption qui se traduit par diverses formes d’infractions et dont la prise en charge a conduit à la mise en place en 2015, du pôle judiciaire et des chambres spécialisées en matière économique et financière », a-t-il ajouté.

Mais, a-t-il reconnu, malgré la mise en place de cette juridiction spécialisée dont les compétences s’exercent en même temps que celles d’autres organes dédiés à la lutte contre ce phénomène, « nos concitoyens estiment que l’Etat ne fait pas assez pour combattre cette hydre ».

Toutefois, a fait savoir le Chef de l’Etat, pour faire face à ce fléau, réguler la vie en société, protéger les plus faibles et éteindre les conflits, « il ne suffit pas seulement de disposer de textes et de juridictions les plus pertinentes et modernes soient-ils, mais faudrait-il encore que des ressources humaines en quantité suffisante et de qualité surtout leur soient dédiées. Et que par ailleurs un cadre sécurisé pour l’évolution de la carrière du magistrat et de conditions de vie à la hauteur des exigences des fonctions assumées soient mises en place ».

« Avec 449 magistrats en activité, notre ratio population/magistrat est de l’ordre de 49.000 habitants pour un magistrat. Nous sommes encore très loin du standard défini par les Nations Unies qui est de 1 magistrat pour 10.000 habitants », a chiffré le Président de la République, avant d’annoncer qu’il entend poursuivre fermement les efforts de formation des magistrats « afin d’améliorer significativement ce ratio, mais aussi obtenir une meilleure adéquation Magistrat-Greffier pour permettre à notre justice de gagner en efficacité et en célérité ».

« Une justice de qualité repose aussi sur un cadre de vie et de travail progressivement amélioré », a poursuivi le Président Mohamed Bazoum, soulignant que « c’est donc face à tous ces défis que, pour le budget de l’année 2022, j’ai décidé de rehausser très significativement le budget du ministère de la Justice, conformément à l’engagement que j’ai pris devant les représentants des magistrats du SAMAN que j’ai reçus dans cette même salle ».

En effet, « de 13,02 milliards en 2021, il va passer à 19,24 milliards en 2022, soit une hausse de 47,7% entre les deux années. En valeur absolue, cela fait une augmentation de 6,22 milliards », a-t-il détaillé.

« Dans ma volonté d’amélioration de manière continue les performances de notre système judiciaire, je veillerai à ce que la programmation pluriannuelle des dépenses du secteur de la justice reflètent cette ambition que j’ai de rapprocher la justice du justiciable, et de fournir à nos concitoyens un service de justice de qualité », a assuré le Président de la République.

« Je veillerai également à ce que les manquements, les fautes disciplinaires et autres atteintes à la probité des membres du corps judiciaire soient traités de façon vigoureuse, sans équivoque, conformément au statut de chaque catégorie », a-t-il ajouté, convaincu que « la non observance par les magistrats de leurs obligations de poursuivre et de juger de manière équitable et honnête toutes les affaires qui leur sont soumises, en répondant à des injonctions ou en faisant valoir leur intérêts propres, est la pire des injustices car elle est appréhendée par les citoyens et elle constitue en vérité tout simplement un acte de corruption, de trafic d’influence ou exprime une forme d’ingérence dans le travail souverain que doit accomplir le magistrat ».

Mohamed Bazoum affirme que « la politique pénale du gouvernement ne fera place à aucun atermoiement dans les traitements des dossiers dont sont saisis les tribunaux. La justice ne saurait être ce régulateur vers lequel accourent les citoyens lorsqu’elle-même est minée de l’intérieur par des pratiques corruptives et autres actes qui exhortent au déni de justice ».

En somme, a-t-il martelé, « cette justice que nous avons voulue indépendante par notre Loi fondamentale, animée par des Magistrats nommés en toute transparence, doit inspirer le respect de tous nos concitoyens afin que, par ses sanctions, elle raffermit notre vivre-ensemble et notre cohésion nationale ».

A l’occasion de ce Conseil, il sera procédé à des nominations et affectations des magistrats, « conformément au respect strict de la hiérarchie entre les différents grades, faisant ainsi droit à une revendication qui m’a été soumise par le SAMAN », a enfin indiqué le Chef de l’Etat.

Cette session s’est ouverte en présence du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de la Présidente de la Cour de Cassation, du Vice-président et des membres du Conseil supérieur de la Magistrature.

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