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L’autonomisation des femmes à Dimbokro par la production de l’attiéké (Reportage)


  25 Mars      34        Women's Leadership (355),

   

Dimbokro, mars 2022 (AIP) – L’attiéké est une semoule qui fait partie intégrante de la cuisine ivoirienne. Il est préparé à partir de pulpe de manioc fermentée qui a été râpée ou granulée. Bien que spécialité culinaire par excellence de certains peuples lagunaires dans le sud de la Côte d’Ivoire notamment les Ebrié, Adjoukrou, Alladjan, Avikam, Attie et Ahizi, l’attieké est produit et consommé aujourd’hui dans toutes les régions du pays et même au-delà des frontières. A Dimbokro, des femmes réunies en groupement au quartier Comikro ont fait de la production de l’attiéké, leur activité principale en vue d’assurer leur autonomisation. Incursion dans le milieu de ces femmes battantes qui, chaque jour, affrontent les difficultés de la vie pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Le processus de production de l’attiéké

Place de l’attiékédrome, à l’entrée du quartier Comikro. Sous un soleil matinal, en ce jour de marché, l’espace grouille de monde. En provenance des villages environnants et des quartiers de Dimbokro, des dizaines de femmes venues pour s’approvisionner en attiéké. Dans un coin de cette usine géante à l’air libre, des femmes, assises autour d’un tas de manioc, couteau à la main, épluchent et fragmentent les tubercules. Certaines, un bébé pleurant sur les pieds, arrêtent de temps à autres leurs mouvements. Elles enfoncent nerveusement leur sein dans la bouche du nouveau-né, une manière de l’empêcher de pleurer.

Autour de ces « casseuses » de manioc, rodent des cabris et moutons à la recherche d’écorces de manioc pour leur nutrition. Parfois un bêlement de ces animaux vient rappeler aux « casseuses » de manioc leur présence autour d’elles. A quelques mètres de ces femmes qui chaque luttent pour leur pitance quotidienne, des presseuses, des sacs de manioc broyé et des marmites géantes posées sur du feu, laissant échapper des fumées. Un peu plus loin, sur du plastique sont exposées au soleil des poudres de manioc pour séchage. De temps à autre, une mère poule vient picorer sur l’outil de séchage en compagnie de ses poussins.

Assise sous un hangar de fortune, non loin de ce spectacle, une femme un peu corpulente. Il s’agit de l’une des patronnes des lieux. Elle s’appelle Djénéba Dingbo, environ 50 ans. Habillée d’un pagne rouge ocre et d’une chemisette fleurie à manche courte, cette femme au teint noir est connue de tous à Dimbokro. Elle est une des responsables de groupes de femmes qui s’adonnent à la fabrication d’attiéké pour approvisionner le département et même Abidjan. Préoccupée à satisfaire ses clientes qui l’entourent, Djénéba Djingbo sert par sachet de 100 FCFA, 500 FCFA et 1000 FCFA l’attiéké fumant qu’elle vient de préparer.

« Je m’appelle Djénéba Dingbo. J’ai commencé à préparer l’attiéké dès mon jeune âge, il y a plus d’une trentaine d’années », a-t-elle dit, décrochant un appel téléphonique pour prendre une commande. Elle a expliqué que le coup de fil émane d’un de ses clients d’Abidjan qui a passé une commande de plus de 20 000 FCFA pour le lendemain. Elle admet que la fabrication de l’attiéké nourrit son homme. « Quand je fais attiéké là, ça marche parce que c’est ici que toute la population de Dimbokro vient s’approvisionner », a-t-elle avoué. Elle a ajouté qu’elle fait ce travail pour scolariser ses enfants.

Une autre patronne des lieux, Kouamé Cécile, une jeune femme d’une quarantaine d’années lui emboîte le pas, révélant avoir a embrassé ce métier il y a plusieurs années. Ayant bénéficié des conseils de sa mère qui elle-même était dans cette fabrication. Elle déplore que la fabrication d’attiéké ne marche pas beaucoup en vacances scolaires.

« En saison sèche, l’attiéké marche plus. Je fais très souvent le garba que j’exporte à Abidjan et dans les villes et villages environnants. J’envoie régulièrement 35 à 40 sachets à Abidjan. J’ai envoyé 26 sachets à 4 h du matin », a-t-elle expliqué. Aujourd’hui, elle « roule » le manioc pour les populations de derrière l’eau notamment des villages de Tiémélékro, Anoumaba, Bongouanou et autres localités. Elle a envoyé pour 10000 FCFA à Bongouanou et dispose d’une commande de 15 000 FCFA Les gens quittent dans les villages de Dimbokro pour venir s’approvisionner notamment à Toumidanou où une commande de 10000 FCFA est là, a affirmé Mme Kouamé qui a indiqué que malgré ce « tâtonnement » le métier nourrit son homme. Elle a attesté que le gain journalier se situe à partir de 3000 ou 5000 FCFA après les dépenses et cela permet de subvenir à leurs besoins.

En dépit de ce gain qui leur permet de s’autonomiser, le métier est confronté à d’énormes difficultés

L’un des problèmes majeurs auxquels les femmes sont confrontées à Dimbokro est le temps mis pour la préparation de l’attiéké pour satisfaire la population. Les femmes sont obligées de se lever tôt le matin et se coucher tard dans la nuit. Il y a également la question de l’acquisition d’un endroit fixe pour y construire un hangar pour s’abriter des intempéries notamment la pluie et le vent et les rayons solaires, a avoué Djénéba Djingbo. Elle a révélé que le FIRCA, le fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricole, lui a dit de chercher une place pour la construction d’un hangar mais elle n’a toujours pas trouvé de site malgré les nombreuses demandes introduites auprès des autorités municipales. « Vous voyez les casseuses, elles sont au soleil et même quand il pleut ». L’organisation lui a offert un tricycle et une presseuse. « Le tricycle, je l’ai donné aux jeunes gens mais ceux-là l’ont gâté puisque moi-même je ne peux pas le rouler », a-t-elle regretté.

Pour Dame Kouamé en plus de hangar, les groupes ont besoin de grosses marmites pour la cuisson, de grosses cuvettes en plastique et de presseuses nouvelles générations. « C’est un travail difficile surtout la presse. Si nous avons de presseuse automatiques ça va nous rendre rapide », a-t-elle justifié, ajoutant qu’elles sont obligées de demander le service de jeunes gens pour accomplir ce travail qui nécessite la force des muscles. Ils pressent le sac à 250 FCFA.

Mme Djingbo indexe également l’approvisionnement en manioc. Selon elle, le coût est élevé. L’achat du manioc chez les paysans se fait par chargement de tricycle. « Je fais deux tricycles par jour parce que je prépare l’attiéké Côte d’Ivoire », a-t-elle révélé, indiquant que le chargement est acheté à 60 000 FCFA, ce qui a un impact sur le prix de vente. Elle a affirmé que quand le tricycle est bien chargé de manioc, elle peut obtenir à la cuisson, sept ou huit sacs de pâte à presser. Dans le cas contraire, c’est six sacs ou six sacs et demi. Elle a fait remarquer que la disponibilité du manioc pendant les vacances, ajoutant que cela se justifie par la présence des élèves en cette période dans les villages. Ils aident les parents à déterrer le manioc. « Pendant l’année scolaire, c’est compliqué et nous avons des difficultés pour nous approvisionner, a-t-elle dit, soulignant les difficultés des parents pour déterrer les tubercules.

La fabrication de l’attiéké par les groupes de femmes à Dimbokro, un ferment de la cohésion sociale

La fabrication de l’attiéké par les groupes de femmes à Dimbokro constitue un ferment de la cohésion sociale. Dans cette fabrique, dame Djénéba Djingbo révèle qu’elle emploie dans sa fabrique cinq femmes pour la préparation et quatre autres pour « casser » le manioc.

Mme Cécile, quant à elle, emploie également le même nombre de femmes. Mais dans cet espace travaillent dans l’harmonie et la cohésion, les cinq groupes de femmes en provenance de divers horizons et de différentes nationalités.« On ne fait pas palabre ici. S’il y a des différends entre nous, nous arrangeons à régler ce problème entre nous », a-t-elle affirmé, laissant entendre que les personnes enclines aux conflits sont les malvenues à cette usine artisanale de fabrication d’attiéké. Les responsables emploient de jeunes femmes étrangères de différentes nationalités pour se faire aider.

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