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Interview/Mamadou Dramé (PDG du groupe Elohim) : ‘’Les Etats doivent donner les moyens aux entreprises locales pour freiner la migration irrégulière’’


  5 Janvier      14        Economie (10803),

   

Le Président directeur général (PDG) du Groupe Elohim-International, un groupe africain comprenant plusieurs sociétés, Mamadou Dramé, jeune homme d’affaires de 40 ans, dévoile ses grands projets qu’il compte mener en Côte d’Ivoire. Dans cet entretien, il appelle la jeunesse à faire confiance au continent africain et les dirigeants à faire en sorte que le secteur privé soit le moteur de la croissance du continent.

Pouvez-vous présenter votre groupe ?

Elohim-International est un groupe africain comprenant plusieurs sociétés qui interviennent dans différents secteurs d’activités. Pour assurer sa croissance, le groupe a su mettre en place une structure agile et des outils innovants, pilotés par une équipe experte, pluridisciplinaire et multiculturelle. Le groupe intervient dans les secteurs du BTP, des technologies de l’information, de l’extraction minière, des hydrocarbures, de la sécurité, du transport et de l’agro-alimentaire.

Quel âge avez-vous actuellement et à quel âge aviez-vous entamez les affaires ?

J’ai 40 ans en ce moment. Je me suis lancé dans les affaires à l’âge de 26 ans. C’est à cette période que j’ai créé ma première entreprise. Mais étant d’une famille Soninké, c’est-à-dire commerçante, j’ai commencé à nourrir les affaires depuis le bas âge. En partant à l’école, j’avais mes petites activités qui tournaient. J’exerçais dans le transport, j’accompagnai ma mère à Dubaï pour acheter ses marchandises, je profitais de son container pour mettre quelques affaires que je commercialisais ensuite au Mali. C’est ainsi à 26 ans que j’ai créé ma première entreprise dans le secteur du Bâtiment travaux publics (BTP) dénommée Entreprise BATIMALI (EBM). A l’origine, elle s’est d’abord spécialisée dans la réalisation de forage d’eau et minier sur tout le territoire malien avant de se diversifier vers d’autres domaines dans le secteur des BTP. Aujourd’hui, Batimali intervient partout en Afrique, sous l’emblème du groupe Elohim-international. Cette entreprise a permis de contribuer au développement du secteur des BTP au Mali et un peu partout où nous avons des marchés. Notre souci réel a été de créer des emplois et contribuer à la dynamique de ce secteur d’activité.

Quel a été votre secret de réussite puisque à ce bas âge, ce n’est pas facile pour quelqu’un de devenir entrepreneur ?

Je pense que j’ai toujours voulu entreprendre, ma maman étant elle aussi commerçante m’a beaucoup aidé dans ce sens.

Quelle formation avez-vous fait dans votre vie ?

Je suis manager de formation. J’ai fait des études en administration des affaires et je continue toujours à me former, je viens tout juste de finir une formation en Management d’une Unité Stratégique à HEC-Paris.

Elohim est le nom qui regroupe toutes vos entreprises ? Pourquoi avez-vous choisi ce nom ?

J’avais le choix entre plusieurs noms, mais j’ai préféré Elohim qui est aussi le nom de Dieu. Ce nom est spirituel pour moi. C’est venu tout seul, et c’est pour rendre gloire à Dieu que j’ai choisis ce nom. Tout vient de lui et c’est avec lui qu’on peut tout faire. J’ai réussi à bâtir ces entreprises au fil des années et elles évoluent normalement. Je me suis dit que si cela est réel, c’est grâce à Dieu et donc gloire à lui.

Au moment où vous donniez le nom Elohim pour le regroupement de vos sociétés combien d’entreprises aviez-vous en ce moment ?

Il y avait six sociétés et actuellement en tout, j’ai une dizaine de sociétés.

Dans votre vie entrepreneuriale avez-vous connu des difficultés ?

Oui j’ai connu des difficultés mais je n’ai jamais pensé à arrêter ce que j’ai mûri pendant de nombreuses années. Pour moi, ce que je fais est inné en moi. Je ne sais pas faire autre chose que si ce n’est cela. Dans un bureau, je ne pourrai pas m’épanouir comme je le souhaite car je me dis que j’ai beaucoup plus à offrir que de rester dans mon petit coin. Les difficultés oui mais moi j’apprends de mes difficultés. Les obstacles ne me freinent pas. Je trouve toujours le moyen de dépasser les obstacles. J’ai connu des difficultés que je ne veux pas évoquer ici. Celles-ci m’ont d’ailleurs permis d’être là où je suis. Nous voulons avoir toujours la confiance de nos clients. La rigueur dans le travail et surtout la dignité dans ce que nous faisons. Tout ce que nous faisons est pour le bonheur des autres tout en étant correcte.

Est-ce que vous croyez en l’avenir de l’Afrique que plusieurs personnes appellent de leurs vœux ?

Oui, l’Afrique, c’est l’eldorado de demain. Que ce soit les européens, les américains, les chinois, tout le monde court vers l’Afrique. Le potentiel est là. Les ressources sont là. Je crois réellement en l’Afrique. Malgré que nous ayons fait de hautes études dans les pays développés, nous sommes retournés en Afrique. Investir en Afrique veut dire qu’on croit en l’Afrique. Le secteur privé est le seul moteur de développement pour nos pays. Les pays francophones tardent à comprendre cela mais il va falloir l’inculquer dans nos valeurs, enseigner l’entreprenariat dans nos écoles pour que les gens puissent s’orienter vers le secteur privé. C’est l’unique et le seul moteur de développement de nos pays. J’y crois et je demande à chacun d’investir dans le privé.

Il ya également des personnes qui pensent que c’est en Europe ou ailleurs, qu’on peut réussir sa vie. Vous avez cru et aujourd’hui vous récoltez les fruits de votre labeur en Afrique. Quels conseils pouvez-vous donner à tous ceux qui continuent de rêver et de nourrir des projets en ce sens ?

Je ne me plains pas de tous ceux qui cherchent à aller à l’aventure. Je comprends le problème. Il est crucial mais il faut le voir dans son ensemble. Celui qui part vers l’Europe cherche un mieux-être. On lui fait miroiter quelque chose d’extraordinaire en Europe, en Amérique ou en Asie. Lui étant ici en Côte d’Ivoire ou dans un pays africain, n’a pas la chance de connaitre ce qui se passe là-bas. Des amis français me disent souvent que les africains sont assis sur une mine d’or mais ils continuent de tendre la main. Prenons l’exemple du beurre de karité, nous avons cette plante partout et ce produit est très convoité mais nous ne savons pas comment faire sa promotion. Pour aller en Europe, tu donnes 2.000 à 3.000 euros aux passeurs. Avec ce montant, on peut monter une petite activité ici au pays. Mais on pense qu’on peut gagner dix fois là-bas ce qu’on gagne ici. Nos dirigeants doivent sensibiliser davantage les populations sur les dangers de ce fléau et mettre des politiques de création de richesses surtout pour les jeunes et les femmes. Il faut donner les moyens aux entreprises locales d’offrir des emplois à ces jeunes désireux et les empêcher d’emprunter le chemin de l’aventure. Cela va mettre freiner le fléau de la migration irrégulière et tout ce que nous voyons dans la méditerranée. Il faut également qu’on arrive à mettre l’accent sur la formation professionnelle. Il faut une adéquation entre l’emploi et la formation. On veut tous aller dans les universités pour avoir de grands diplômes, mais et après c’est pour en faire quoi ? Pour mes projets, je fais venir des plombiers, des électriciens … de la Turquie à coût de millions Fcfa. Ces derniers sont très coûteux, car ils sont payés comme s’ils avaient ce contrat en Turquie et ensuite il faut ajouter le prix de leurs billets d’avion et de leurs logements. Si nos jeunes avaient de bonne formation dans ces domaines, ils auraient du boulot et cela allait être un gain pour nous tous. Le problème est crucial et je pense qu’il faut poursuivre la sensibilisation à tous les niveaux. Tout n’est pas rose en Europe, Amérique et Asie. Tu peux réussir là-bas comme échouer.

En tant que jeune entrepreneur et un modèle de réussite, quel conseil pouvez-vous donner à la jeunesse africaine ?

La jeunesse africaine doit croire d’abord en elle-même, aux projets, et surtout de mettre du sérieux dans qu’elle fait. Il faut que nous mettions de la rigueur et de la persévérance dans notre comportement de tous les jours et se lancer tout en sachant que ça ne va pas être facile.

Avez-vous bénéficiez du soutien de votre famille pour être à ce stade ?

Je pense qu’un entrepreneur a besoin plus que de l’aisance de sa famille, même si l’aisance et le confort ont souvent tendance à nous freiner, à nous limiter, à nous maintenir dans notre bulle.

L’environnement familial joue un grand rôle dans le développement d’une personne, et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours soutenu dans mes choix, même s’il faut le reconnaitre qu’a un moment, ils auraient voulu que je sois fonctionnaire international ou un grand cadre évoluant dans une grande institution financière.

Pourquoi après le Mali, c’est la Côte d’Ivoire que vous choisissez pour asseoir votre empire ?

Nous avons préféré commencer par la Côte d’Ivoire vu la stabilité sur le terrain économique, les ambitions du président de la République Alassane Ouattara de faire de la Côte d’Ivoire un pays moderne et pour le dynamisme de son secteur privé. Nous nous sommes dit que c’est le moment précis de pénétrer le marché ivoirien. La Côte d’Ivoire à sa vision panafricaine.

Ne craignez-vous pas la concurrence dans le pays surtout avec les grands groupes qui y opèrent ?

C’est vrai qu’on aura des difficultés avec les multinationales mais nous avons notre place à prendre. La concurrence est une bonne chose. Sans concurrence, on ne peut se développer pleinement. Nous n’avons pas peur de la concurrence. Nos valeurs reposent sur la compétence, l’engagement et la confiance. Chaque projet est un challenge que nous relevons en mobilisant les compétences les plus pointues dont nous disposons dans plusieurs domaines. Nos équipes s’impliquent sans réserve dans l’accomplissement des missions qui nous sont confiées jusqu’à l’atteinte des résultats attendus. Et nous faisons passer l’intégrité et l’honnêteté avant tout pour construire des partenariats durables.

Quand démarre vos activités en Côte d’Ivoire ?

Je peux dire qu’elles ont déjà démarré car nous avons créé les sociétés. Le lancement des activités aura lieu en début 2021. Nous sommes en train de tisser des partenariats.

Combien allez-vous injecter en termes d’investissement ?

Nous allons commencer par le BTP et l’immobilier avec un investissement de 10 milliards FCFA pour construire des logements à Abidjan. Nous sommes là pour créer de l’emploi et la richesse pour la Côte d’Ivoire. Nous allons créer des centaines d’emplois pour les jeunes ivoiriens.

En quoi consisteront exactement vos activités en Côte d’Ivoire ?

Nous allons faire les BTP, les projets immobiliers, les services (matériels médical, militaires). C’est ce genre de service que nous allons proposer à l’Etat et aux particuliers. Nous avons remarqué qu’il y’a beaucoup de sociétés de sécurité privée ici. Nous allons leur proposer des tenues, des gaz lacrymogènes, des armes non létales et d’autres accessoires de sécurité.

Est-ce que le matériel que vous utilisez dans le cadre de vos projets respecte l’environnement ?

Tous nos projets respectent cela. Par exemple, nous sommes en train de faire une cité au Mali où nous utilisons les dernières technologies en termes d’isolation thermique. Nous faisons l’économie d’énergie à tous les niveaux de la construction. En Côte d’Ivoire dans nos projets, nous mettront cela en valeur. Il y aura des maisons intelligentes qui vont utiliser tous ce qui est panneaux solaires et également économie d’énergie.

Qu’est-ce que vous attendez de l’Etat de Côte d’Ivoire pour la bonne marche des affaires ?

Je souhaite que les autorités continuent à maintenir la stabilité dans le pays. L’appui du gouvernement est primordial au secteur privé, sans les réformes et l’appui des autorités, les entreprises ne pourront pas se développer convenablement.

Interview réalisée par Benjamin Soro

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