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SÉNÉGAL-BENIN DOIT RESTER UN MATCH DE FRATERNITÉ ET D’AMITIÉ (CONSUL)


  10 Juillet      86        Sport (12740),

 

Dakar, 9 juil (APS) – La rencontre prévue mercredi entre le Sénégal et le Bénin, pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, doit rester « un match de fraternité et d’amitié » en raison « des relations excellemment bien » entretenues par les deux pays, indique le consul général du Bénin au Sénégal, Moussa Casset.

« Ce match ne devrait nullement sortir de son contexte, qui serait d’en faire un match de fraternité et d’amitié, au vu des relations excellemment bien » entretenues par ces deux pays « épris de (…) démocratie », a-t-il dit dans un entretien avec l’APS. Selon le diplomate, « les deux pays ont beaucoup apporté l’un à l’autre », et leurs relations « n’ont jamais connu de zones d’ombre ».

Moussa Casset souligne que le premier président sénégalais, Léopold Sédar Senghor, par exemple, qui ne cessait de dire des Béninois qu’ils sont « un peuple sérieux et bien structuré », avait fini par en choisir son assistante.

Il a insisté sur les relations privilégiées entre les deux peuples, qui sont antérieures aux indépendances, en faisant observer que les premiers policiers et douaniers du Sénégal indépendant étaient majoritairement des Béninois. Une époque durant laquelle « ces corps de métier étaient très mal vus » par la communauté musulmane sénégalaise, qui représente la grande majorité de la population du pays. Aussi, souligne le consul, les Béninois, avec notamment Paulin Soumanou Vieyra, sont les véritables instigateurs du cinéma sénégalais.

Moussa Casset a de même évoqué la contribution béninoise au petit commerce, à la menuiserie, un métier auquel « ils ont initié les Sénégalais ».

« Cette relation fondée sur la confiance réciproque a permis à des Sénégalais d’exercer des fonctions à responsabilités dans la haute administration béninoise, mais aussi dans un secteur comme la bijouterie », a fait remarquer le consul général du Bénin. Il note que la « forte présence » de la communauté sénégalaise au Bénin se matérialise notamment dans « Le carré 68 », un quartier de Cotonou, la capitale béninoise, où le wolof – la langue la plus parlée au Sénégal – est la langue officielle.

Le président de l’association regroupant la communauté béninoise au Sénégal, Mathieu Fréjus Hounyovi, qui assistait à l’entretien, a appelé à redynamiser davantage les relations entre les deux pays, qui « doivent se donner la main dans cette Afrique de l’Ouest pleine de turbulences ».

Il rappelle que le Sénégal et le Bénin constituaient « les deux quartiers latins d’Afrique » qui rivalisaient pour les postes dans les organisations internationales. Mathieu Fréjus Hounyovi dont le grand-père fut un tirailleur sénégalais (soldats issus des colonies françaises d’Afrique), et le père un ancien joueur de football à la Jeanne d’Arc de Dakar, estime que « le Sénégal et le Bénin sont deux peuples qui ont beaucoup de valeur en partage, ayant les mêmes qualités et les mêmes défauts ».

« Ce sont deux peuples qui peuvent facilement se fondre là où ils se trouvent », note-il, citant des anecdotes relatives à des étudiants qui refusent de rentrer au Bénin après leurs études, sous prétexte qu’ils sont bien chez eux au Sénégal.

Mathieu Fréjus Hounyovi annonce qu’en collaboration avec le consulat, l’association qu’il dirige travaille à l’organisation d’un match amical entre « les deux équipes après la Coupe d’Afrique des nations ». La communauté béninoise installée au Sénégal est estimée entre 12.000 et 15.000 personnes, dont 7.000 à 8.000 auraient la double nationalité, selon le consul général Moussa Casset.

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