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FCSA: « La Ceinture et la Route », un projet planétaire aux multiples enjeux stratégiques pour l’Afrique


  30 Août      43        Travaux publics (446),

   

Par Rachid MABOUDI

Rabat, 30/08/2018 (MAP) – La Chine, ou l’Empire du Milieu, a fait montre, ces dernières années, d’une plus grande ouverture sur le monde, l’Afrique en particulier, et affiché grandes ses ambitions de s’octroyer le statut incontestable du leadership économique et commercial à l’échelle planétaire à la faveur de projets gigantesques, à leur tête le chantier phare « La Ceinture et la Route ».

Revitaliser les anciennes routes de la soie et aménager celles d’obédience commerciale, pratiquement partout dans le monde, sont les maîtres-mots de ce chantier, proposé par le président chinois, Xi Jinping en 2013.

En définitive, l’initiative « La Ceinture et la Route », appelée communément « Yidai, Yilu » en langue chinoise (One Belt, One Road), ambitionne de construire des réseaux commerciaux et d’infrastructures de nature à asseoir une interconnexion entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique sur les anciennes routes de la soie et au-delà.

Et l’Afrique n’est pas du reste dans le cadre de ce projet. Elle est néanmoins au centre même de ce chantier global qui couvre près d’un quart du commerce mondial, et va cibler 63 % de la population mondiale. Il concerne plus de 60 pays avec une vocation géoéconomique, l’une terrestre et l’autre maritime.

Démonstration éloquente de son engagement dans la mondialisation sans frontières, la Chine a investi plus de 50 milliards de dollars dans ce projet, et construit près de 56 zones économiques. Deux cent vingt milliards d’euros ont déjà été investis en 2016 et 2017 pour construire 2200 km de voies nouvelles dans l’Ouest, mais également au Kazakhstan, au Tibet et au Népal. L’Empire du milieu finance également des lignes à grande vitesse en Europe centrale entre Belgrade et Budapest.

Tourisme, infrastructures, formation et qualification des ressources humaines, transfert d’expertises et de technologie, sont, entre autres, autant de déclinaisons, en Afrique, de ce projet pharaonique mutuellement bénéfique.

L’Afrique est ainsi au centre des intérêts des acteurs économiques chinois grâce, notamment aux taux de croissance élevés signés dans certains de ses pays et ses perspectives de développement tant bien fructueuses que prometteuses.

S’agissant des flux des touristes chinois sur le continent, les chiffres sont là pour démontrer, à plus d’un titre, que le nombre des touristes chinois à avoir visité l’Afrique ces dernières années a considérablement augmenté.

Désormais une destination touristique de plus en plus prisée par les touristes chinois grâce à l’obtention de plus en plus facile de visas et à l’aide de l’initiative « La Ceinture et la Route », plus de 11 millions de voyages ont été effectués dans le continent africain en 2016, soit 10 pc des Chinois se déplaçant à l’étranger (contre 3 pc en 2008).

Sur le volet de la lutte contre la pauvreté et le développement humain en Afrique, la coopération sino-africaine, dans le cadre de cette initiative, s’effectue par le biais de la transmission de l’industrie manufacturière, ainsi que les investissements dans le développement agricole et la construction d’infrastructures.

En plus des technologies, des investissements et du matériel, la formation de personnel constitue également un domaine important de la coopération en matière de réduction de la pauvreté.

Et il n’y a pas mieux pour consolider cette coopération vertueuse Chine-Afrique que la tenue d’un Forum dédié, en l’occurrence le Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA), dont l’édition 2018 se tiendra début septembre à Pékin.

Selon le Conseiller d’Etat et ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, « ce Forum, créé il y a 18 ans, avait suivi le progrès du nouveau siècle et accompagné l’avancement de la coopération sino-africaine, et est devenu une plateforme caractérisée par l’égalité, le pragmatisme et l’efficacité sur la base du principe de consultations et de coopération pour les bénéfices partagés ».

Selon lui, « la coopération sino-africaine dans le cadre du FCSA a obtenu des fruits abondants reconnus de tous, ce qui a gagné l’applaudissement unanime des peuples africains et la haute appréciation de la communauté internationale ».

Au cours de ces trois dernières années, la Chine et l’Afrique ont eu de multiples échanges de visites de haut niveau. Le président Xi Jinping a effectué trois tournées en Afrique, et près de 30 chefs d’Etat et de gouvernement des pays africains ont visité la Chine ou sont venus à Pékin pour participer à des Conférences.

Le mois dernier, le président Xi Jinping s’est rendu au Sénégal pour une visite officielle, la deuxième du genre d’un dirigeant chinois au pays de la Téranga, avant de se rendre au Rwanda et en Afrique du Sud.

Le déplacement du chef de l’Etat chinois à Dakar a été marqué par la signature d’accords dans le domaine de la justice, des infrastructures et de l’aviation civile.

Pour le cas du Sénégal, un pays qui aspire vers l’émergence à l’horizon 2030 grâce au Plan Sénégal Emergent (PSE), la Chine est le deuxième partenaire commercial de ce pays, derrière la France, avec un volume des échanges de deux milliards de dollars en 2016, selon des chiffres officiels. Jusqu’à fin 2017, les investissements chinois au Sénégal ont représenté 320 millions de dollars. En 2017, la Chine a directement investi au Sénégal 110 millions de dollars, soit une hausse de 120 % par rapport à une année auparavant.

Décidément, l’Afrique est en mesure de tirer pleinement profit de l’initiative « La Ceinture et la Route » et devenir une nouvelle locomotive de croissance pour stimuler l’économie mondiale, à condition d’une synergie des efforts et des volontés pour la création des richesses et la promotion de l’emploi dans un continent où la jeunesse constitue désormais son meilleur atout.

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