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L’OIM LÈVE UN COIN DU VOILE SUR LE NIVEAU D’ENDETTEMENT DES MIGRANTS


  1 Octobre      12        Migration (244),

   

Dakar, 1er oct (APS) – Une nouvelle étude menée entre 2019 et 2020 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a révélé que 72 % des migrants sénégalais de retour avaient contracté des dettes pour diverses raisons.

’’Selon l’étude, 72% des migrants de retour assistés par L’OIM, ont contracté des dettes, soit pour financer leur voyage (58%), soit pour des projets personnels ou professionnels (18%) avant la migration et 24% après’’, a déclaré, jeudi, la chargée de recherche régionale à l’OIM, Sokhna Sy.

Intervenant à un atelier de restitution des résultats de la recherche régionale sur l’endettement des migrants retournés et l’impact sur les familles et les communautés, elle a souligné que cet endettement avait créé des contraintes financières et morales ayant réduit la capacité des migrants à participer à la vie économique et sociale dans leur pays d’origine.

Mme Sy a insisté sur le fait que cette étude avait pour objectif de comprendre les mécanismes de l’endettement et ses impacts sur la réintégration des migrants de retour.

L’étude a démontré que le taux de remboursement chez les femmes est plus important, soit 33% contre 16% chez les hommes.

’’Les migrants de retour endettés ont un profil socio-économique similaire aux migrants de retour non-endettés, ce sont principalement des jeunes hommes ayant une éducation inférieure à la moyenne nationale’’, a-t-elle fait remarquer en ajoutant que les emprunts sont réalisés majoritairement de manière informelle et demeurent libres d’intérêt.

Parmi les migrants endettés, a-t-elle poursuivi, 81% ont contracté les dettes pour un montant moyen d’environ 350 mille FCFA, correspondant presque à 7 mois de revenus pour la plupart des sondés.

’’L’endettement a parfois des impacts négatifs sur la réintégration dans le pays d’origine. Parmi les endettés, 28% considèrent que leurs dettes affectent leur situation sociale, psychologique ou économique après leur retour au Sénégal’’, a-t-elle noté.

D’après elle, 12% affirment que leurs dettes représentent une incitation pour migrer à nouveau.

Pour y remédier, l’OIM a proposé aux banques et institutions de microfinance de rendre flexibles et accessibles les mécanismes d’emprunt, tout en créant des structures de médiation en cas de retard ou défaut de paiement.

Elle a également prôné la sensibilisation auprès des familles, des communautés et des institutions sur les réalités de la migration régulière, irrégulière et de la migration de retour, etc.

’’Ces dernières années plus de 6000 migrants de retour ont été assistés par l’OIM, à travers son programme d’aide au retour volontaire à la réintégration’’, a pour sa part, soutenu la gestionnaire de projet au bureau pays Sénégal de l’OIM, Valeria Falaschi.

L’endettement du migrant mérite, selon l’OIM, une attention particulière et la recherche conduite dans ce sens a permis de bien cerner le contour d’emprunt des migrants notamment ses effets sur les individus, les ménages et les impacts sur le retour durable de la réintégration.

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