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LE CONTINENT AFRICAIN  »PAS OBLIGÉ DE SUIVRE LE MODÈLE EUROPÉEN » (CHERCHEUR)


  19 Décembre      18        Développement durable (3819),

   

Dakar, 19 déc (APS) – Le continent africain n’est « pas obligé de suivre le modèle européen » de développement dans l’espoir de combler son retard, a déclaré le chercheur sénégalais Cheikh Mbow, disant militer pour une recherche visant le développement durable.

M. Mbow, expert en télédétection et sciences de l’environnement, juge qu’une « approche progressive du développement qui redresse la conception néolibérale par l’orientation sur la préservation du capital naturel devient un impératif » pour l’Afrique.

« On n’est pas obligé de suivre le modèle européen dans le but de rattraper notre retard », mais simplement répondre à des questions portant notamment sur les voies et moyens d’industrialiser les pays africains, d’assurer la sécurité alimentaire et de consolider le développement social, « sans nuire à nos ressources », a-t-il déclaré dans un entretien avec l’APS.

Dans cette perspective, il s’agit de « tirer un profit optimal de nos riches ressources naturelles en pensant aux générations futures et à l’entrepreneuriat local », a indiqué le professeur Mbow, actuel directeur exécutif du Programme START International, basé à Washington, aux Etats-Unis.

Selon Cheikh Mbow, dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, « on a douze ans, c’est-à-dire douze saisons des pluies pour atteindre la sécurité alimentaire par exemple », mais il est possible de se demander si assez de progrès sont réalisés à la dimension de cet objectif.

Aussi « plutôt que de se décourager par la courte fenêtre de temps, on pouvait saisir ce défi comme une opportunité en investissant massivement sur les transformations sociales fondées sur des avancées scientifiques », a préconisé le chercheur, selon qui aucune de ces ambitions ne peut être atteinte sans la science.

« La recherche que j’ambitionne pour mon pays, c’est d’explorer les facettes de la science pour le développement durable et permettre à nos décideurs et le secteur privé, d’avoir des produits de qualité pour un meilleur entreprenariat sans mettre en péril l’environnement », a-t-il dit, avant d’ajouter : « C’est plus facile à dire qu’à faire mais je crois qu’un effort de recherche pourrait au moins être promu dans ce sens pour se donner une lueur d’espoir d’atteindre partiellement les ODD. Sans cela, je n’y crois pas ».

« Tout cela évidement n’est possible que s’il y a un cadre de partage des données, assis sur une collaboration solide entre centre de recherche au lieu de compétir pour les maigres ressources », a fait valoir Cheikh Mbow, lauréat de l’édition 2018 du « Prix Danida Alumni », qui récompense chaque année un ancien participant au programme de bourses du même nom ayant « contribué considérablement à une transformation positive dans son pays d’origine ou dans son champ d’études ».

Ce prix est décerné par le Danida Fellowship Centre, en charge des programmes d’apprentissage de courte durée, des activités de renforcement de compétences et des projets de recherche de l’Agence danoise d’assistance au développement (Danida), une institution autonome du ministère des Affaires étrangères du Danemark.

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