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La croissance de l’économie mondiale devrait progresser de 3,1 % en 2018 (Rapport)


  6 Juin      34        Economie (21983), Finance (3696), Photos (20289),

   

Abidjan, 06 juin (AIP) – Un rapport de la Banque mondiale indique que malgré son tassement récent, la croissance économique mondiale restera solide en 2018 à 3,1 %, avant de se modérer progressivement sur les deux années suivantes, sur fond de ralentissement de l’activité dans les économies avancées et de stabilisation de la reprise dans les principaux pays émergents et en développement exportateurs de produits de base.

« Si elle peut être maintenue, la bonne croissance économique enregistrée cette année pourrait permettre à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, en particulier dans les économies d’Asie du Sud à forte croissance, a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, dans un communiqué de l’institution transmis mercredi à l’AIP.

« Mais la croissance ne suffira pas à elle seule à faire disparaître les poches d’extrême pauvreté dans d’autres parties du monde. Les décideurs doivent trouver les moyens de soutenir la croissance à plus long terme, en faisant progresser la productivité et la participation de la main-d’œuvre, afin de parvenir plus rapidement à éliminer la pauvreté et à favoriser une prospérité partagée », a-t-il ajouté.

D’après l’édition de juin 2018 des Perspectives économiques mondiales, l’activité devrait progresser de 2,2 % dans les économies avancées cette année, avant de retomber à 2 % l’année prochaine, en raison de la suppression progressive des mesures de relance monétaire par les banques centrales. Dans l’ensemble des pays émergents et en développement, la croissance devrait se consolider à 4,5 % en 2018, puis à 4,7 % en 2019, alors que la reprise chez les exportateurs de produits de base atteint sa phase de maturité et que les prix des matières premières se stabilisent après la hausse enregistrée cette année.

Des risques de détérioration considérables pèsent toutefois sur ces perspectives. Ainsi, le risque d’accroissement non maîtrisé de la volatilité des marchés financiers s’est accru, de même que la vulnérabilité de certains pays émergents et en développement. Les velléités protectionnistes gagnent du terrain, tandis que les incertitudes politiques et les risques géopolitiques demeurent substantiels.

Dans un chapitre consacré à la demande de matières premières, les auteurs mettent en garde contre les effets, sur le long terme, du tassement de la demande mondiale de produits de base, qui pourrait faire plafonner les cours et, partant, la croissance dans les pays exportateurs. Alors que la hausse de la consommation mondiale de métaux et d’énergie enregistrée ces vingt dernières années a reposé en grande partie sur les grands marchés émergents, on s’attend en effet à un ralentissement de la croissance de la demande de ces pays pour la plupart des produits de base.

Un autre dossier spécial se penche sur le niveau élevé de l’endettement des entreprises, qui pourrait accroître les risques en matière de stabilité financière et nuire à l’investissement. La dette des entreprises, et en particulier dans certains pays, la dette en devises, a fortement augmenté depuis la crise financière mondiale, d’où une vulnérabilité accrue face à la hausse des coûts d’emprunt.

Après plusieurs années de révisions à la baisse, les prévisions de croissance à long terme se sont stabilisées, ce qui laisse penser que l’économie mondiale voit enfin le bout du tunnel dix ans après le début de la crise financière. Cependant, toujours selon le rapport, ces projections à dix ans s’avèrent généralement trop optimistes et risquent de ne pas tenir compte du fléchissement de la croissance potentielle et des freins structurels à l’activité économique.

Le rapport appelle à mettre en œuvre des réformes qui amélioreront les perspectives de croissance à long terme. La rapidité des évolutions technologiques rend incontournables le soutien à l’acquisition de compétences, de même que le renforcement de la compétitivité et de l’ouverture des échanges. L’amélioration des connaissances de base en lecture, écriture et calcul pourrait avoir des effets très bénéfiques sur le développement, et des accords commerciaux complets peuvent renforcer les perspectives de croissance.

kkf/cmas

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